De la féodalité à la Révolution

A l’époque féodale les Vicomtes de Béziers comptèrent les Barons de
Fouzilhon comme leurs vassaux jusqu’au jour où le traité de Meaux donna à ces derniers
pour seul suzerain le Roi de France.
Lorsque se constitue la féodalité, les seigneurs firent de leurs demeures des véritables
forteresses pour défendre leurs terres. Le manoir de FOUZILLON était un des plus
redoutables du pays. Construit sur un mamelon formé de deux rocs, il mesurait 50 m de
longueur sur 21 m de largeur. Les murs avaient 2 m d’épaisseur. Il était entouré par des
remparts qui en certains endroits, constituaient une double enceinte. On y entrait par trois
portes. Une citerne (d’une contenance de 1800 hl environ), dont on apercevait les ruines il
y a quelques années, servait à l’approvisionnement en eau des habitants en cas de siège.
En ce temps là «le Castellas» (ainsi le désignent les vieux écrits) devait être pour les
seigneurs des environs, un redoutable voisinage qui semblait justifier l’étymologie du nom
patois « Fogi-lo » (fuis-le). Ses propriétés étaient très étendues comprenant les terres de
Fouzilhon et les terres de Laurens et allaient jusqu’aux limites de Roquessels et de
Faugères.
Laurens dépendait de la Baronnie de FOUZILLON mais était trop éloigné de ce
manoir pour être efficacement protégé. Les Barons de FOUZILLON élevèrent à
LAURENS sur le rocher de la Naubine un château qui servirait uniquement de défense au
pays. Les habitants vinrent se mettre sous la protection du Seigneur et regroupèrent leurs
demeures autour du château dont les remparts embrassèrent la vieille cîté. Telle fut
l’origine du vieux LAURENS et du fort devenu château. Il n’eut jamais l’importance de
celui de FOUZILLON mais était plus agréablement situé. Vers la fin du XIIIe siècle,
lorsque les guerres entre seigneurs eurent cessé et grâce au développement de la puissance
royale, les Barons de FOUZILLON délaissèrent peu à peu leur forteresse où le cliquetis
des lances ne retentissait plus, ce qui par là avait perdu son principal attrait. Ceux-ci
s’établirent dans le château de LAURENS qui était plus récent et plus agréablement situé.
Au XIV ème siècle, durant les guerres de religion le château de FOUZILHON est
détruit et de ces ruines un village s’est construit : tels les nains de la légende se taillant
des pourpoints dans le manteau du géant. Seule la chapelle de Saint Etienne de style
roman a échappé à la destruction. Elle défendait le château à l’est et communiquait avec la
cour du château par une porte réservée au Seigneur, à sa famille et à ses hommes d’armes.
Sur la façade ouest une autre porte servait aux habitants du village, elle est aujourd’hui la
porte d’entrée de la chapelle devenue église paroissiale.
A l’époque l’existence et la hauteur
d’une tourelle en façade annonçaient
la grandeur de la BaronnieLes Seigneurs de ce lieu, connus depuis le Xème siècle
Ils régnèrent sur la France
MATFREDUS, vicomte de Béziers et de Narbonne avec sa Hugues CAPET
987 – 996
femme Adélaïde donnent en 966, le fief de Fouzilhon à St
Martin de Villemagne.
Robert II (le Preux) 996 – 1031
SCIFEDRUS DE FOZILIONE sert de témoin dans la donation
faite au monastère de Cassan en 1028.
Henri Ier
1031 – 1060
BONAFORSE GODEFROI donne une métairie au même
monastère en 1084.
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Philippe Ier
1060 – 1108

RAYMOND ERMENGAUD (vécu de 1080 à 1150),
(Raymundi de Maureliano et de Fonzillane 1127) Il sert de
témoin dans une donation faite au monastère de Cassan en Louis VI (le Gros) 1108 – 1137
1096. En 1131, Cécile, Vicomtesse de Béziers eut un différent
avec l’évêque de cette ville Bermond de Levezon. Elle dut
céder et s’engager à respecter les droits des évêques; comme
garant de son engagement, elle donna dix de ses vassaux,
parmi lesquels ERMENGAUD de Fouzillon. (Ermengavus de
Fodillo 1139). En 1139, ce dernier fait don d’une terre située
sur le territoire de la commune de Laurens sur laquelle fut
fondée, sous l’Abbatiat de Désidérius, la grange Monastique
de Sauveplane (Silva Plana), (dont on voit les ruines) qui
dépendait de l’Abbaye de Sylvanès (dans le département de
l’Aveyron).
Louis VII
1137 – 1180

GUILLAUME ERMENGAUD (succède à son père
de 1150 à 1206). (Guillelmus Armengavi de Forzillon vers
1210). Il assiste comme témoin et caution d’Etienne de Servian,
lors de son abjuration dans l’église des bénédictins de St
Thibéry. Il servit aussi de caution au baron Aymard de Murviel
traitant avec Guillaume VIII de Montpellier, pour le mariage du
fils de ce dernier avec Tiburce fille de Bernard d’Aton .

RAYMOND de FOUZILLON, « Raymus » (R. de
Fozillon). Vers 1207, il succède à son père GUILLAUME. Bien Philippe Auguste 1180 – 1223
que ne professant pas les doctrines hérétiques, il devient le
vassal de Simon de Montfort et doit le suivre pendant sa
campagne contre le Vicomte Roger de TRENCAVEL. Tandis
que celui-ci était allé rejoindre le comte de Toulouse, quelques
uns de ses vassaux s’étaient enfermés dans Béziers ; parmi eux
se trouvait un chevalier aragonais « Albert FERROLH » venu
avec l’armée de Pierre II, roi d’Aragon, pour aider
TRENCAVEL à reprendre Béziers d’où il était chassé et à
venger la mort de son père massacré en 1167 dans l’église de la
Madeleine.Pendant que, par ordre des chanoines, tintait le glas et que
l’hymne au St esprit était chanté, Albert de FERROLH périt
pendant cette affreuse journée. Il lui avait été donné des terres
qui passèrent à ses descendants, notamment la Seigneurie
d’Ajac. Trois siècles plus tard, nous trouverons ce nom uni à
l’histoire de Fouzilhon et de Laurens. Ce fut pendant la guerre
des Albigeois, que fut détruit le plus bel ouvrage laissé par les
romains, l’aqueduc de la Rautès. (l’aqueduc romain passant à
Fouzilhon) Il ne fut plus question de le rétablir parce que
Béziers, après le massacre de tous ses habitants ne remonta plus
à sa splendeur et à son importance première.
Après la conquête du Languedoc, Raymond assista en 1210
(Ramundus Roca de Fozilo 1218) avec Raymond d’Autignac, Louis VIII
1223 – 1226
seigneur de Margon et d’autres chevaliers à l’abjuration d’un
de ses compagnons d’armes Etienne de Servian. Il s’engagea
pour lui vis-à-vis de Simon de Montfort, jusqu’à la concurrence
de 20 marcs d’argent.
Louis IX (St Louis) 1226 – 1270
Il mourut en 1240.
– BERANGER de FOUZILLON succéda à son père en
1240. L’évènement le plus important de la vie de ce seigneur
fut l’affranchissement des habitants de Laurens.
A la suite de prodigalités de pertes ou de spéculations, il dut
donner en gage son fief de Fouzilhon à Raymond de Fouissan
(FUXO). Ce dernier fit hommage au Roi Philippe le Hardi lors
de son avènement, du fief de Fouzilhon qu’il dit tenir de
BERANGER lequel le tenait du Roi.
Un mariage fut négocié entre PIERRE – RAYMOND, fils
de BERANGER, et ETIENNETTE de FUXO, fille de
Raymond de Fouissan; cette union fut pour BERANGER un
gage de prospérité.
Il mourut en 1330.
PhilippeIII(le Hardi)1270 – 1285
Philippe IV (le Bel) 1285 – 1314
Louis X (le Hutin) 1314 – 1316
Philippe V 1316 – 1322
Charles IV 1322 – 1328
Dans les murs des remparts
de Fouzilhon, nous trouvons
une meurtrière qui reste témoin
de cette époque.

PIERRE-RAYMOND de FOUZILLON, succéda à Philippe VI de Valois
son père à la mort de celui-ci en 1330. Il eut un fils en 1350,
BERNARD et il mourut la même année en 1350.
1328 – 1350Jean le Bon

BERNARD de FOUZILLON, né en 1350, se maria
en 1390 avec Noble Delphine du Gousson, fille du Seigneur de
Coussan de Millas. Ils eurent un fils JEAN.
Charles V
En 1419, le Sénéchal de Beaucaire, Guillaume de Meuillon Charles VI
assiégeait le château de Sommières défendu par Hugues de
Lauberpine; BERNARD s’y distingua dans la compagnie de
Tiry de Conté. Compagnie composée de BERNARD de
FOUZILLON chevalier, de 18 écuyers, d’un connétable
arbalétrier et de 26 autres arbalétriers.
En 1441, pendant la guerre de cent ans, le roi de France Charles VII
CHARLES VII appela la noblesse aux armes. BERNARD était
alors viguier du roi à la viguerie de Gignac. Il se mit en marche
avec deux compagnons, nobles Jean de Gore et Salomon de
Bèze, amenant 8 chevaux, 6 archers, 6 arbalétriers à cheval et
8 à pied. Il assista à la bataille de Castillon où le généralissime
anglais, le vieux Talbot fut vaincu et tué. Revenu sur ses terres,
BERNARD reçut « un mandement de félicitations » du
Connétable de Toulouse, pour avoir malgré son grand âge
accouru à l’appel de Roi. Jusqu’à l’âge de 90 ans, il porta les
armes. Pendant cette longue carrière, il fut comme disent les
vieilles chroniques, « preux et droit sans nulle convoitise ».
Il mourut en 1449 presque centenaire.

JEAN de FOUZILLON succéda à son père. Il épousa
en 1459, Noble Louise de Leussé dont il eut un fils, Louis XI
ANTOINE. Les archives du Château de Laurens ne Charles VIII
contiennent que quelques documents sur ce seigneur. Ainsi
est-il dit qu’il accorda par devant M Rouy, notaire à Magalas, Louis XII
une licence à Marc Augé, habitant de Laurens de faire un Four
pour cuire des terres et des pâtés. Il fit 2 testaments. L’un en
1484 et l’autre en 1514 chez M Augé notaire à laurens.
Il mourut en 1514.

Noble ANTOINE de FOUZILLON, écuyer du Roi,
Baron et Seigneur des lieux de Fouzilhon, de Laurens, de
Caroussan et de Fouissan, avait épousé en 1506, Demoiselle
Antoinette de Pétuse, fille du Seigneur de Boisseron. Il perdit
sa femme après quelques années sans avoir eu d’enfant.
Il succéda à son père en 1513, et le 1 er janvier 1515, il François 1 er
épousa Elisa de Montlaur, fille de Noble Jean de Montlaur
Seigneur de Murles et d’autres places, de cette union il eut un
fils GUILLAUME.
Devenu veuf une seconde fois, il épousa en 1518,
Demoiselle Catherine de Sirène fille du Seigneur de Cesseras,
qui lui donna une fille JACQUETTE. Celle-ci était une
excellente musicienne.
Il mourut en 1530.
1350 – 1364
1364 – 1380
1380 – 1422
1422 – 1461
1461 – 1483
1483 – 1498
1498 – 1515
1515 – 1547Mur du corps de logis du château

GUILLAUME de FOUZILLON reçut l’inventaire
des biens laissés par son père en 1534.
Il épousa en 1540, Demoiselle Phélippe de Valat. Ce
seigneur vécut longtemps sans enfant et en 1558 il lui naquit
un fils PIERRE.
Ainsi que nous l’avons dit, GUILLAUME avait une sœur
née d’une autre mère, Jacquette, à qui il portait une profonde
affection.
La même année du mariage de GUILLAUME, Jacquette
était unie au très belliqueux Seigneur Gaston de FERROULH,
descendant direct d’Albert de FERROLH, Seigneur d’Ajac en
1490, le chevalier de TRENCAVEL, dont nous avons raconté
l’origine et la mort.
Ce mariage fut célébré le 27 janvier 1540. Le père de
Gaston, ne pouvant assister à la cérémonie, vu son grand âge,
donna pouvoir de le représenter à un de ses compagnons
d’armes: Noble Jean de Lobine, Seigneur de Calvas et de
Marseillan.
Gaston avait 2 frères: Jacques le cadet qui épousa en 1566,
Marguerite de Thurey, Dame de Montgaillard, descendante
d’un Baron du nord, compagnon de Simon de Montfort. Le
plus jeune Guillaume, page au moment du mariage de son
frère aîné Gaston, servit en cette qualité auprès du Baron de
FOUZILLON. Celui-ci, dont l’héritier était en bas âge, le
désigna pour son successeur au cas où son fils mourait.
Son testament, en date du 6 octobre 1562 met comme seule
condition de cette substitution que Guillaume de FERROULH
devra joindre à ses armes celles de FOUZILLON.
Jacquette et Gaston eurent 2 filles, Catherine et Marie.
Catherine, Dame et Seigneuresse de Laurens, ne se maria
pas et en 1598, elle donna ses biens au fils de Guillaume de
FERROULH, Jean. Quant à Marie bien plus jeune, épousa en
1594, Noble Louis de Laroque, seigneur de Castelsec.
Guillaume de FOUZILLON mourut en 1564.
Henri II 1547 – 1559
François II 1559 – 1560
Charles IX 1560 – 1574
Henri III 1574 – 1589- PIERRE de FOUZILLON, encore jeune à la succession
de son père, eut d’abord pour tuteur Noble Jean de Montredon
de Casparech et ensuite Messire François de Valat, Seigneur
de Lespignan. Cette tutelle fut longue et pénible à cause de
l’état de troubles général qui régnait en Languedoc.
Il reprit le 8 août 1572, le fief de Sauvanès dans sa
Baronnie. C’était la métairie dépendant de l’Abbaye de Henri IV
Sylvanès (Aveyron) détruite par le Baron de Faugères.
Il mourut en 1574, à l’âge de 16 ans et sera le dernier
Baron de la lignée des FOUZILLON.

GUILLAUME de FERROULH (FERROUIL) lui
succéda. Ainsi les FERROULH, primitivement Seigneur
d’Ajac, devinrent Baron de FOUZILLON et de LAURENS.
Quant à la seigneurie d’Ajac, le berceau français de leur
famille, ils en aliénèrent la dominité utile et ne conservèrent
que le titre honorifique.
Avant de succéder à PIERRE de FOUZILLON, il servait
dans l’armée royale.
Les guerres de religion désolaient le Languedoc. Dans nos
contrées, des bandes de religionnaires conduites par le Baron
de FAUGERES et le Seigneur d’ACIER ruinaient châteaux et
bourgs. Une de ces bandes massacra une partie des soldats
catholiques entre Faugères et Laurens. Ce lieu sera appelé plus
tard : « le Periment », ce nom conservera le souvenir de fait
dont la légende a grossi l’importance. A la même époque,
furent ruinés les châteaux de FOUZILHON et de LAURENS.
Les Huguenots traînèrent leurs couleuvrines au chemin qui
court sur la crête de la Serre de Fouissan et de Sauveplane, et
qui porte encore le nom de « chemin des canons ».
LAURENS se relèvera de ses ruines quant au Castellas de
FOUZILHON, on laissera s’écrouler ses tours démantelées.
GUILLAUME ne s’y rendit que pour percevoir la dîme
qu’il partageait avec les pères de CASSAN, il plantait sa tente
de campagne au milieu des ruines et restait là plusieurs jours.
Il épousa Demoiselle Marquise de NARBONNE-CAYLUS,
en 1581 et il entra dans une illustre famille à qui la France doit
un amiral. Quoique retiré du service et vivant à Laurens en
haut justicier, il resta le fidèle conseiller des chefs catholiques.
Il mourut en 1590, laissant deux fils, JEAN et MARC-
ANTOINE Seigneurs d’Ajac et une fille JACQUETTE.
MARC-ANTOINE et JACQUETTE étaient mineurs à la
mort de leur père et c’est leur mère marquise de NARBONNE
qui fut leur tutrice.
1589 – 1610-
JEAN de FERROULH succéda à son père en 1590 et LOUIS XIII
épousa le 5 janvier 1612 Anne de Gept de Sauvian. Le vice
légat d’Avignon accorda une dispense d’âge à la jeune fiancée.
Le mariage fut célébré par le vicaire général de l’évêque de
Béziers. De ce mariage naquirent 3 enfants. Jean Gabriel qui
succèdera à son père, Jean Seigneur de Sauvanès, colonel du
régiment de Languedoc-infanterie, tué pour le service du roi en
Espagne et Jeanne Catherine, mariée à Messire Salomon de
Levis, Seigneur de Limbranac en 1640.
La vie de JEAN de FERROULH fut surtout celle d’un soldat,
Capitaine au régiment d’Annonay, il prit part en 1621 au siège
de Montauban. Gouverneur du château de FAUGERES enlevé
aux protestants, il y reçu du Duc de Montmorency-Damville un
mandement de félicitations. Capitaine au régiment du
Languedoc en 1636, il se retira du service par suite d’infirmités.
Le 8 août 1634, eu lieu la souveraine cour des Comptes
Aydes et Finances de Montpellier, le Baron JEAN de
FERROULH y rendit hommage comme Seigneur de Fouzilhon,
de Laurens, de Sauvanès, de Fouissan, de Caroussan st autres
lieux et reconnut ne relever que de sa majesté.
Le frère cadet de JEAN, MARC-ANTOINE Seigneur d’Ajac, LOUIS XIV
Capitaine au régiment de Normandie, postula en 1653, pour être
reçu chevalier de l’ordre de St. Jean de Jérusalem. Le
commandeur d’Hom et le chevalier de Cambon, commissaires
députés par le vénérable chapitre provincial de la langue de
Provence furent chargés de recueillir les preuves de noblesse de
MARC-ANTOINE. Reçu Chevalier, il reçu une commission
royale de Capitaine au régiment de Sérignan, le 15 avril 1639.
Le 22 mars 1642, MARC-ANTOINE fit un testament en
faveur de JEAN-GABRIEL, le fils aîné de son frère JEAN et
mourut quelques années après.
JEAN de FERROULH mourut en 1654.
A cette époque, les rues étaient étroites ; nous
avons, dans FOUZILHON, cette rue entre l’Eglise et la
maison des Seigneurs qui en est témoin.
1610 – 1643
1643 – 1715-
JEAN-GABRIEL de FERROULH, jusqu’à la mort de
son père, ce seigneur vécut dans les camps. En 1636, il était
capitaine, au régiment de Brégé et pris part à la guerre de
trente ans. Il reçut des lettres de félicitations pour sa bravoure
et ses qualités militaires notamment en 1639, après la prise
d’Arras et la conquête de l’Artois.
En 1638, il épouse Noble Demoiselle Anne de Thézan. Ils
eurent 7 enfants.
En 1652, Il fut nommé colonel du Régiment du Royal-
Languedoc (créé en 1642 au nom de la province du
Languedoc par Louis XIV).
En 1654, il succéda à son père sur ses terres. Quelques
années plus tard, il fut nommé gentilhomme de la chambre de
Louis XIV du Royal Languedoc. Sur la lame de son épée était
gravée cette devise qui était un vrai symbole: « Ferrum fero,
ferro, feror ».
En 1665, JEAN-GABRIEL assista avec son régiment à la
bataille de Villaviciosa, pour assurer l’indépendance du
Portugal contre l’Espagne.
Le nom de FERROULH resta longtemps sur les listes des
armées de Louis XIV, deux de ses fils GASTON et
BARTHELEMY entrèrent dans le corps des officiers du
régiment Colonel-Général. L’aîné Gaston fut nommé
lieutenant de la Cornette Blanche. Celui-ci fut tué en 1672
durant une bataille contre la Hollande. JEAN-GABRIEL,
frappé par la mort successive de son frère et de son fils,
ordonna à BARTHELEMY de se retirer des armées.
Il nomme Charles CASTANG, procureur juridictionnel, en
la justice de Fouzilhon.
En 1699, JEAN-GABRIEL fut tué à la tête du Royal-
Languedoc. Quelques mois plus tard, sa femme le suivit dans
la tombe.
Dans la construction des
remparts on trouve des pierres
plates alignées en arêtes de
poissons.-
BARTHELEMY de FERROULH, succéda à son père
en 1699. Il avait épousé, en 1695, Demoiselle Isabeau de Lavit
qui était protestante. Son père JEAN-GABRIEL estima que le
bonheur de son fils ne tenait pas à cette différence de
croyance. La bénédiction nuptiale eu lieu dans le chapelle de
la Commanderie de GREZAN. Ils eurent 5 enfants : André,
Henri, Barthélémy, Marie Anne, Jean Gaspard. Ils furent
élevés dans la religion catholique par leur père, Isabeau garda
pour elle seule, ses convictions religieuses.
BARTHELEMY mourut en 1715, il fut enseveli avec les LOUIS XV
membres de sa famille par contre sa femme, Isabeau qui
mourut en 1744, fut ensevelie dans la fosse commune, loin des
siens et des lueurs des torches.
– HENRI , 2ème fils de BARTHELEMY, (le 1er ANDRE
fut archidiacre de l’église Cathédrale St Just de Narbonne),
succéda à son père en 1715. Il épousa en 1746, Demoiselle
Elisabeth de Nigry de Clermont. Ils eurent 4 enfants : Henri-
Barthélémy, Pierre François Frédéric, Elisabeth Geneviève et
Marguerite Madeleine. Henri, laissant à son frère Barthélemy
le soin d’administrer ses terres, vivait tantôt à Béziers tantôt à
Montpellier.
LOUIS XVI
Il mourut le 25 décembre 1781.

PIERRE-FRANCOIS-FREDERIC succéda à son père
à la mort de celui-ci, en 1781. Il était lieutenant colonel de
Cavalerie et sous lieutenant des gardes du corps de Monsieur,
frère de Louis XIV. En 1783, il épouse Louise Catherine de
Sambucy. De cette union naquirent 2 fils : Marie-Jean-Victor-
frédéric et François-Henri-Gaston. Retenu par son service à la
cour, PIERRE-FRANCOIS-FREDERIC ne résidait sur ses
terres que par intervalles, sa femme le remplaçait dans
l’exercice de ses droits, au grand contentement des habitants
qui souffraient des allures de Seigneur féodal de leur Baron.
En 1787, La Baronne mourut à l’âge de 24 ans.
Dans les hauts murs, une meurtrière vue de l’extérieur.
1715 – 1774
1774 – 1789Lors de la convocation de l’Assemblée de la noblesse
pour l’élection des députés aux Etats Généraux, le baron
PIERRE-FRANCOIS-FREDERIC vint à Laurens et le 16 mars
1789, il assista à l’Assemblée de la Sénéchaussée de Béziers.
Revenu à Paris, il était aux journées d’octobre, parmi les gardes
qui protégeaient la famille royale. Après s’être caché dans
Paris, il se rendit au Havre pour passer en Angleterre mais il se
ravisa et revint à Laurens. Là, il trouva la Commune qui vendait
ses bois, saccageait son château et brûlait ses titres. Ne s’y
trouvant pas en sûreté, il confia ses jeunes enfants à des
domestiques dévoués qui les cachèrent dans les montagnes et
lui-même partit pour Lodève où il possédait une maison ayant
appartenue à la famille Sambucy. Là, pendant quelques temps il
vécut sans être inquiété. Seule, la Commune de Laurens le
poursuivit. Arrêté, comme suspect, au bac de l’Hérault, près de
Gignac, il fut incarcéré d’abord dans cette ville puis à
Montpellier. Sa détention dura 18 mois. Il était désigné pour
l’échafaud. Le 9 thermidor* le sauva. Remis en liberté, il se
rendit à Lodève et sut si bien s’attirer l’estime des habitants
qu’il fut nommé capitaine de la Garde Nationale. A Laurens,
son château à moitié démoli, servait de place publique et de lieu
de réunion. Il attaqua la Commune de Laurens (le procès
durera jusqu’à l’empire). Revenu à Laurens, il ne tarda pas à
reprendre avec la plus grande partie de sa fortune, le prestige de
son rang. Comme dernière réparation, celle-là toute morale la
Commune de Laurens qui l’avait si longtemps poursuivi, avait
déjà du l’admettre parmi ses membres et le 16 mars 1818 le
baron PIERRE-FRANCOIS-FREDERIC mourut à l’âge de 69
ans dans son château.

MARGUERITE-MADELEINE de FERROULH, fille
de HENRI et sœur de PIERRE-FRANCOIS-FREDERIC
épousa le 27 septembre 1773, Jean-Jacques André de FABRE,
baron de La TUDE ils seront les derniers baron et baronne de
FOUZILHON.
Vers 1880, le petit-fils Louis Xavier Hippolyte de FABRE de
La TUDE, ex-officier de cuirassiers, habite PEZENAS, son fils
Joseph est uni à la famille de JUVENEL et sa fille Clémence
est unie à la famille de GRASSET de cette ville.
* le 9 thermidor an II (27 juillet
1794)
Après une période
nommée « La Terreur » où les
têtes tombaient et où les biens
étaient pris et mal distribués, il
y avait jalousie et rivalité. La
Convention va se rebbifer et
Robespierre livrera son dernier
combat. Vaincu, il sera exécuté
sans jugement.
Il y a changement
de majorité, le pouvoir passe
aux Montagnards les plus
modérés.
A Paris et dans
d’autres villes de France, les
prisons sont ouvertes et de
nombreux suspects qui avaient
été arrêtés et condamnés à la
guillotine sont libérés.
( avec l’aide du livre de Albert FABRE  » ROUJAN »et d’un document de la Mairie de Laurens)
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